"Le boycottage apprend aux blancs qu'ils ne peuvent jamais être indépendants de nous. Pour beaucoup de militants, c'est le seul moyen d'action pacifique qu' il nous reste." Desmond Tutu.
La maison d'édition Payot&Rivages, vient d'avoir l'excellente idée de rééditer en format poche - donc plus accessible financièrement - un ouvrage absolument essentiel écrit par l'anthropologue Marc Abélès, Anthropologie de la globalisation. Cet ouvrage s'inscrit dans une démarche plus large s'intéressant notamment au vaste espace du géopolitique. Il suffira de s'approprier la bibliographie de l'auteur pour en appréhender toute la dimension de son travail.
Tout d'abord, il faut remarquer que Marc Abélès préfère le mot globalisation à celui de mondialisation, car beaucoup plus en adéquation avec la « mutation radicale » contemporaine dont la vitesse d'accélération n'a de cesse de croître. Et c'est ici, selon nous, que réside l'essentiel du phénomène observé. Toujours est-il que l'anthropologue nous propose de découvrir dans cet ouvrage, de nouveaux outils et concepts plus adaptés à ce moment historique fondamentalement unique, puis irréversible. Notre temps rassemble en un tout global interconnecté ce qui auparavant n'était qu'une multitude éparpillée aux quatre coins d'une terre alors si immense qu'il fallait déployer moult ingéniosité pour aller au devant de l'autre afin, soit de commercer ou bien de guerroyer. Face à ce monde nouveau déjà avéré, et contre lequel il ne servirait à rien de vitupérer « Les anthropologues ont donc beaucoup à dire et écrire », car le chant des possibles déploie sa vibration sur un spectre désormais infiniment plus étendu. Ni négatif, ni positif, Marc Abélès dessine une pensée subtile qui nous permet d'apprécier à sa juste mesure les enjeux d'aujourd'hui et de demain élevés à l'échelle de notre humanité globale. Il revient aux humains d'assumer ce nouvel espace global, de le partager équitablement s'il veut demeurer viable, donc durable. Il appartient à l'ensemble d'appréhender le devenir de chacun à la lumière du primordial bien commun, cela impliquant une redéfinition majeure de l'action politique via l'émergence de ce que Marc Abélès nomme le global-politique. Le monde qui s'ouvre à tous les yeux, en même temps, semble balayer d'un seul revers, avec fulgurance, tous les fondements qui jusque-là pouvaient gouverner la destiné des uns et des autres. Désormais, le local s'articule au global, et l'individu ne se perçoit plus que dans le tout, alors que temps et espace ont pris une toute autre dimension. Aussi, on peut comprendre combien la perspective que trace la globalisation peut-être à la fois enivrante et effrayante, plongeant l'humanité dans un vertige encore jamais éprouvé qu'il nous faudra bien domestiquer s'il on veut continuer à voguer aux creux et crêtes du vivant. En cela, l'ouvrage écrit par Marc Abélès s'avère prendre la forme d'une belle et indispensable boussole.
À l'occasion de son déplacement en terre Basque, de nombreux citoyens et citoyennes, ont pu signifier au candidat sortant Nicolas Sarkozy leur fort et très profond mécontentement à l'endroit également partagé de sa personne et de son quinquennat. Huées, sifflets, quolibets, citation en retour de manivelle (« CASSE-TOI PAUV'CON », le must du personnage) , de la part d'une certaine partie du peuple. Est-ce là une « honte pour la démocratie » ? Chacun(e) en jugera.
Mais il faut bien que la dite partie de ce peuple soit indignée, révoltée, outragée, pour qu'elle vienne conspuer ainsi le candidat sortant à l'élection présidentielle. Si ce n'est assurément pas mai 68, il y a tout de même comme un petit parfum insurrectionnel qui s'échappait des pavés bayonnais. Il y a bien un malaise quasiment ténébreux qui maintenant s'est emparé de l'atmosphère globale, et la France ne fait pas exception. En de nombreux endroits, une part importante du peuple est excédée par les dérives du pouvoir politique, notamment lorsqu'il devient indécent tant il domine.
Ecrivons-le sans plus attendre, le travail réalisé par Stefano Savona, « Tharir liberation square » est sans équivalent, donc unique. Éminemment précieux, ce documentaire nous immerge une heure et demi durant au cœur même de la désormais célèbre place Tahrir alors bouillonnante. L'auteur y saisit ainsi, grâce à un sens élevé de l'essentiel, un événement historique qui illumine désormais la condition humaine. On l'imagine volontiers la caméra au poing, arpentant avec ténacité les méandres dessinés par la masse de ce courageux peuple égyptien qui s'est insurgé pour abattre un régime autocrate vieux de trente années. C'est une foule humaine qui s'est emparée du droit d'insurrection pour faire face aux débordements d'un régime dégoulinant d'injustices.
Les portraits s'enchaînent, les slogans s'envolent au gré de cette foule inspirée par la volonté de se libérer à jamais de ses chaînes invisibles posées par un régime militaire sans concession et sans partage. Il veut vivre libre ce peuple égyptien, et pour cela il occupe cette place centrale du Caire, jour et nuit, sans plier ni rompre, chantant et criant à tue-tête des slogans plus cinglants les uns que les autres, et reprenant sans fin ce mot qui aura traversé l'ensemble des mouvements insurrectionnels menés dans une partie du monde arabe : DÉGAGE !
Dégage le tyran, va-t-en le despote, le peuple maintenant te chasse comme le malpropre que trop longtemps tu as a été. C'est cela qu'il filme Stefano Savona, fixant par l'image et par le son l'histoire en mouvement dont s'est saisie une partie du peuple égyptien avec une lucidité sans faille teintée d'une sagesse non moins exemplaire, même s'il aura fallu parfois aller chercher le sable sous les pavés, mais encore verser larmes et sang.
Jeunes, vieux, femmes - en grand nombre -, enfants, toutes et tous sont là, ici et maintenant, ne voulant plus repousser à demain les lendemains qui chantent. Musulmans, chrétiens, athées, étudiants, lettrés et illettrés, ils sont tous là représentés pour mener à terme une insurrection qui ne cessera qu'avec le départ du Raïs, cet autocrate maintenant honnis, et bientôt momifié par son peuple. Ils et elles vitupèrent volontiers, vilipendent sans pitié mais avec une grande intelligence, portent au plus haut cette colère trop longtemps étouffées par les bras armés de ce régime corrompu jusqu'à la moelle, injuste jusqu'au dernier denier. Foule compacte, peuple uni, instrumentalisation réduite à néant, la volonté est saine, vierge de toute arrière pensée, blanche comme la pleine lune dans la nuit.
C'est tout cela qu'il grave par l'image et le son Stefano Savona, car cet archéologue de formation comprend parfaitement qu'après sa civilisation, l'Égypte lègue à l'humanité SA RÉVOLUTION. « Tahrir est un film écrit par les visages, les mains, les voix de ceux qui ont vécu ces journées sur la place », et c'est en cela qu'il touche à la grâce, qu'il renvoie à l'intime, qu'il résonne en celui ou celle qui le regarde comme un cantique à la liberté, comme une ode à la vie.
Puis, au bout des larmes et du sang, à la force des chants et des slogans, la bonne nouvelle finit par tomber et se répandre comme une joyeuse traînée de poudre : l'autocrate vient de dégager. Alors, une onde de bonheur parcourt cette foule exemplaire lumineuse qui aura conquis son rêve à la sueur de ses cauchemars. Ce bonheur immense traverse l'écran, pénètre le spectateur avec la force d'une substance magique dotée de pouvoirs merveilleux ô combien nécessaires dans nos contrées vieillissantes et endormies par une démocratie de faible intensité.
Mille et un remerciements au peuple de la place Tahrir.
Par le truchement de journalistes étrangers, William Karel livre ici pour la chaîne Arte un documentaire certes non révolutionnaire, mais au combien efficace, sur la personne du président de la république française Il y a un comme délicat parfum de "lettres persanes" qui émane de ce subtil travail.
Accompagné d'un décryptage exclusif livré par Christian Salmon:
Faut-il rappeler les enjeux de l'année 2012? Les françaises et français vont-ils renouveler ce choix?
Dans le sillage des révolutions Arabes, agglutinés aux portes de Wall Street, les indignés Nord- Américains affrontent la finance mondiale dérégulée. Qu'il vente, qu'il neige, ils ont planté leur révolte sur les trottoirs de la grande cité qu'ils ne craignent plus de défier. Ils occupent la place, font face à la répression qui guette car ils ne veulent plus être ces invisibles sacrifiés sur l'autel des gargantuesques profits encore et toujours engrangés par les grands calculateurs affamés – au sens propre comme au figuré.
D'où qu'ils soient, ils battent le pavé du monde au moyen d'une indignation qui progresse à pas certains vers l'insoumission légitime tant l'ogre dévoreur d'âmes innocentes se fait insatiable, incontrôlable, en un mot IN-GÉ-RABLE !
Aux dernières nouvelles, même le peuple russe se met en mouvement, occupe sa rue, crie sa révolte à la face de ses affligeants dirigeants qui mènent le navire aux récifs acérés.
Aux quatre coins du globe, des peuples, des citoyens s'ébrouent, poing levé et conscience en bandoulière, occupant les lieux publics les plus symboliques pour se réapproprier le monde, leur monde. Plus encore, ils signifient aussi, avec la force et la certitude du bon droit, qu'ils veulent reprendre le contrôle de leur existence, ne plus être manipulés par la main invisible de la sainte alliance des pouvoirs. PLUS DE DÉMOCRATIE, PLUS DE LIBERTÉ, PLUS DE JUSTICE, voilà tout ! C'est beaucoup ? Mais non, ce n'est qu'un dû à l'assemble de l'humanité qui doit désormais pouvoir prétendre au BIEN COMMUN nécessaire pour une vie DIGNE. Il est donc question de dignité sur ces places publiques occupées par des enfants, des femmes et des hommes plus que valeureux, mieux que courageux, réellement ÉVÉILLÉS. Alors, ils élèvent le monde, ils le tirent vers le haut, à la force d'une lutte où le sang n'est pas épargné car les balles des forces de l'ordre - donc du désordre - frappent aveuglément, avec une constante inconscience barbare, celles et ceux qui tentent de se dresser sur son chemin. Le peuple syrien en fait actuellement la cruelle expérience. Mais ce sang n'est pas vain, ces larmes ne sont pas rien, car se mêlant ils forment une encre indélébile qui continue d'écrire l'histoire du genre humain.
Babylone tremble sur ses bases ! La grande cité globale voit ses rues gronder, et là où elle n'est pas encore apparente, la révolte se tapit dans L'OMBRE DU NOMBRE pour bientôt se faire totale, donc fatale à cet ancien monde agonisant. Le scénario est loin d'être improbable, il suffit pour cela de compiler quelques grands indicateurs, ou bien encore de consulter l'infinie toile des ordinateurs, pour mesurer combien l'édifice vacille, car le sol sur lequel il repose est absolument meuble. Ce sol, il n'est autre que celui des injustices. PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX, s'il fallait encore le marteler.
ICI et MAINTENANT, un autre monde est non seulement possible, mais surtout inévitable. Il adviendra forcément, mieux encore, NATURELLEMENT. Il n'est donc pas question ici d'utopie, mais plutôt d'hétéropie, soit un lieu autre qui est en devenir.
Quant au monde de demain, si nous voulons pouvoir le contempler, alors nous allons devoir occuper le monde d'aujourd'hui, en toute conscience, la vague à l'âme, et déferler sur le monde d'hier pour le mettre sous les eaux, DÉFINITIVEMENT.
Le temps, nous n'en disposons point, et moins encore celles et ceux qui crèvent de faim au quotidien, alors que les autres « crèvent d'être trop riches, trop gras, trop cons ». Il va falloir accélérer le mouvement d'occupation, amplifier les synergies revendicatrices, et ne plus se satisfaire d'être indigné, mais devenir des INSURGÉS. Souviens-toi citoyen(nes), en son temps, la constitution de l’an I inventait le droit et le devoir d'insurrection. Deux siècles après, en de nombreux lieux, des hommes et des femmes ont fait leurs ces valeurs en s'insurgeant contre les régimes autocratiques qui régentaient leurs destins, faisant tomber une à une les figures tutélaires de ces états oppresseurs. Ailleurs, d'autres ont dressé leur révolte face au diktat de la grande finance, sorte d'autocrate désincarné qui pourtant tient sous sa coulpe l'ensemble de l'humanité.
Alors, le temps est venu d'occuper le monde, globalement. Aussi, le temps est venu d'avancer tous ensemble, le plus simplement du monde.
C'est sur le site "Délinquance, justice et autres questions de société", espace numérique citoyen animé par le chercheur Laurent Mucchielli, que nous avons déniché ce "web documentaire" consacré au sujet fort sensible de la vidéosurveillance (vidéoprotection, s'il fallait reprendre le néologisme créé par le législateur [1]). Les auteurs de ce travail interactif minutieux, Olivier Zanetta et Christophe Rigaud, dressent ici un état des lieux, donnent la parole aux deux positions opposées, et éclairent leur sujet à la lumière de propos d'experts. Alors certes, nous sommes encore loin du pays pionnier en la matière, l’Angleterre, où pas moins de 4,2 millions de caméras scrutent les citoyens en permanence, soit une caméra pour 14 personnes[2]! En outre, comme l'ont fort bien observé trois chercheuses perspicaces, le développement de ce mode de surveillance est "une petite entreprise qui ne connaît pas la crise". Elles livrent sur ce thème un article synthétique passionnant qui a le mérite d'appréhender dans son ensemble la littérature scientifique internationale[3].
Difficile d'évoquer un mouvement dont l'anonymat constitue la pierre angulaire, stratégie que l'on comprendra tant l'action et le propos affichés imposent pareil positionnement. Il en va de leur survie car ils luttent contre les vents et marées d'un (im)monde qui semble avoir perdu tout sens des choses. Leur arme: les lignes de code, couplée à "une organisation sociale rhizomatique" selon l'expression consacrée par l’anthropologue Gabriella Coleman. Leur message, le voici livré in extenso tel que publié sur le site rezocityen.fr:
« Appel Aux Armes ! »
En 2012, Anonymous invite tous les êtres humains à créer quelque chose et le présenter au monde. Ceci est un appel pour apporter votre brique à l’édifice, pour que le monde puisse le voir. Un appel pour ne jamais se taire. Un appel pour toujours faire preuve d’audace.
Ceci est un « appel aux armes ».
Ceci est un appel aux combattants de la liberté.
Pour les exclus et les oubliés.
Ceci est un appel aux intellectuels.
Un appel pour les journalistes.
Ceci est un appel aux libres-penseurs.
Ceci est un appel pour les poètes.
Un appel pour les artistes.
Ceci est un appel à la jeunesse, à la sagesse, à l’intelligence.
Nous vous demandons de vous joindre à nous.
Nous existons dans les rues de Tokyo.
Sur les hauteurs de New York.
Dans le vent de Paris.
Parmi les piliers de Munich.
Dans le froid mordant de Moscou.
Dans les rues pavées de Dublin.
Ceci est un appel au monde pour la jeunesse.
Rejoignez-nous pour la liberté de l’information.
Ceci est un « appel aux armes ».
Nous sommes Anonymous.
Nous vous demandons de vous joindre à nous.
Recherchez-nous et vous nous trouverez.
Nous sommes parmi vous. Nous sommes vous.
Tout le monde peut s’exprimer en tant que membre d’Anonymous.
Nous n’avons pas de dirigeants. Uniquement des sensibilités.
Nous n’avons pas d’objectifs. Uniquement des résultats.
« Nous ne pouvons pas être arrêtés, car nous ne sommes qu’une idée. »
Nous sommes Anonymous.
Nous sommes légion.
Nous ne pardonnons pas.
Nous n’oublions pas.
Redoutez nous.
Ci-dessous, vous trouverez un document synthétique réalisé par Martin Wolf qui trace les différents faits d'armes des désormais célèbres cyberactivistes que nous espérons pétris de toutes les bonnes intentions qu'ils affichent. Enfin, il faut absolument garder à l'esprit que l'univers numérique bâti par les humains est un fabuleux colosse, mais tel Achille, il demeure infiniment fragile...
Du berceau au berceau, tout le concept développé par William Mc Donough et Michaël Braungart en 2002 est contenu dans cette expression d'une intelligence remarquable. Créer et recycler à l'infini n'est pas plus un mythe qu'une utopie, c'est l'avenir, tout simplement, et les auteurs ne se privent pas de le démontrer par la mise en réalité. Bien loin des leçons pontifiantes et lénifiantes tenues par certains thuriféraires de l'écologie, le propos se veut avant tout positif et pragmatique. Gageons que cette idée fondamentale qui s'inspire de l'équilibre des écosystèmes naturels prendra toute sa place au sein du genre humain.
Trois années durant, la réalisatrice de documentaires Lucy Walker, a suivi l'artiste brésilien Vik Muniz au beau milieu de la plus grande décharge à ciel ouvert du monde,"Jardim Gramacho", où s'entassent chaque jour 7000 tonnes de déchets produits par la ville de Rio de Janeiro. 13000 "catadores" (les trieurs de déchets) s'acharnent ainsi, jour et nuit, pour extraire la part recyclable de cet océan de poubelles, armés d'un improbable courage qui les hisse aux rangs des humains exceptionnels. De cet amalgame fait de détritus et d'humanité, l'artiste Viz Muniz façonnera une suite remarquable d'œuvres d'art dont les "catadores" tiennent le rôle nécessairement central. Rien n'est absolument laid sur cette terre, et l'artiste nous montre ici que là où le pire règne, le beau est capable de jaillir encore.
C'est par le biais d'un article rédigé par Augustin Scalbert publié le 24 février sur le site Rue89 que nous avons eu connaissance de la dernière production réalisée par Bruno Fay, journaliste indépendant déjà (re)connu pour certaines investigations en eaux troubles. Et voilà qu'il récidive notre homme puisque vient de paraître aux Éditions Du Moment l'ouvrage intitulé Complocratie. Enquête aux sources du nouveau conspirationnisme.
Particulièrement intéressé par le sujet annoncé, grâce au miracle de l'e-commerce, l'ouvrage fut promptement livré à notre curiosité largement attisée par « les bonnes feuilles » révélées par le papier cité plus haut.
La liberté guidant le peuple, deux nations Arabes viennent de s'éveiller, livrant au monde une magnifique leçon de Révolution dont il conviendra pour chacun d'en extraire le substrat. La Tunisie tout d'abord, puis l’Égypte dans son sillage immédiat, viennent de bouter hors du pouvoir leur autocrate respectif au moyen d'une conviction sans faille et comme pétrie d'une intelligence révolutionnaire sans pareille. Cela, sous les yeux ébahis de plusieurs milliards de citoyens, auxquels il nous faut malheureusement retrancher une grande partie du peuple chinois [1]. Désormais, il plane sur la planète comme un délicieux parfum de jasmin qui pourrait envoûter bien d'autres peuples, qu'ils soient du nord ou du sud, de l'est ou de l'ouest. L'odeur de la liberté n'a pas de frontière et l'ivresse de la promesse d'une société nouvelle ne saurait être contenue par quelque nation ou intérêts qu'ils soient.
Dix années après le premier Forum Social Mondial qui s'était tenu à Porto Alegre en 2001, c'est Dakar, capitale du Sénégal, qui accueille du 6 au 10 février 2011 la onzième édition de ce sommet qui se définit plus que jamais comme la contre perspective aux plantureuses rencontres de Davos [1].
À l'heure où l'exemplaire parfum de la révolution de jasmin tunisienne vient de répandre sa fragrance part delà ses frontières, enivrant au premier rang les populations jugulées des pays d'Afrique du Nord [2], il ne fait aucun doute que l'alter sommet de Dakar ne manquera pas de modifier son programme initial pour s'attacher à poser un regard lucide sur ces événements majeurs.
Les peuples s'ébrouent, et non seulement se lancent volontiers à la conquête de leur liberté tout en revendiquant désormais les conditions minimales d'une vie empreinte de dignité. Aussi, la proposition altermondialiste doit se saisir de ces temps historiques pour s'imposer avec plus de force à la face d'un monde désormais globalisé mais tâtonnant encore les solutions qui pourtant s'imposeront.